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Lucien Baleux, fusillé en 1916, mort pour la France

Baleux Lucien : le premier nom de la liste des enfants de Burbure morts pour la France durant la Grande Guerre (photo PVC).

11 Novembre… Journée de commémoration de l’armistice de 1918 qui mit fin aux combats de la première guerre mondiale. Comme chaque année, les membres de la municipalité, les représentants de l’association des anciens combattants, les enfants, le personnel enseignant, la population, se retrouveront au pied du monument pour un dépôt de gerbes… au terme d’un défilé qui partira de la salle polyvalente (rassemblement 11 h). Sur ce monument une liste de noms, des Burburains morts pour la France. Le premier de la liste est Lucien Baleux. Baleux, un nom inconnu dans la commune d’aujourd’hui.

Le destin de ce soldat est particulièrement intrigant. En fait, c’est un historien de la Sarthe, Eric Viot, qui a attiré notre attention sur lui. M. Viot travaille à la réhabilitation de soldats qui ont été exécutés pendant la guerre, fusillés pour l’exemple, à cause de faits de désobéissance. Il s’intéresse plus particulièrement au cas du nommé Emile Lherminier, réhabilité pendant la guerre – chose quand même assez rare – après avoir été fusillé dans le cadre de ce que l’on appelle l’affaire de Roucy, et dont le nom doit être inscrit sur le monument aux morts de la commune de d’Yvré-l’Evêque (près du Mans), suite à un avis favorable donné par le conseil municipal de la ville en date du 8 juillet 2010.
Emile Lherminier a été exécuté le 22 mai 1916, en même temps que trois autres soldats du 96e régiment d’infanterie : Félix Milhau de Bessan (Hérault), Paul Régoudt de Dunkerque… et Lucien Baleux. Tous quatre reposent aujourd’hui dans la nécropole de Pontavert (dans l’Aisne) avec la mention Mort pour la France sur la croix de leur sépulture. Que s’est-il donc réellement passé ? Les témoignages que M. Viot a pu collecter font état de protestations, de cris, de commencements de désobéissance au moment où le régiment reçoit l’ordre de monter en ligne. Ce que finalement tout le monde fit après un retour au calme. L’incident méritait probablement une sanction, le commandant de compagnie infligeant d’ailleurs aux quatre soldats désignés comme meneurs, huit jours d’arrêt de rigueur. Mais l’incident fut visiblement grossi et le commandant de la division le transforma en « manquement inexcusable à la discipline militaire ». Il ordonna qu’ils soient déférés devant un conseil de guerre qui les condamna à mort pour « refus d’obéissance en présence de l’ennemi ». L’exécution eut lieu le lendemain du jugement, le 22 mai 1916, à 4 h du matin, au lieu-dit La-Motte-aux-Grillots, sans que personne ne soit en mesure d’intercéder en leur faveur. Cette affaire perturba considérablement les soldats du régiment et fit grand bruit au point que le général Grossetti reprit l’affaire en main. Ceux qui avaient ordonné l’exécution, furent  destitués de leur commandement, le régiment fut réhabilité et les quatre fusillés aussi…
Il semble que Lucien Baleux, dont on ne sait finalement pas grand chose sur lui, était un engagé volontaire : un fort gaillard de 19 ans, d’une « ‘vitalité de taureau » qui aurait hurlé d’une voix profonde et puissante : « Me tuer, moi ? allons donc ! C’est impossible ». Au contraire d’Emile Lherminier que nous évoquions précédemment, Lucien Baleux eut son nom inscrit sur le monument aux morts de la commune dès le début en 1920, puisqu’il figure bien en tête de la liste alphabétique. Ce qui semble attester qu’il fut réhabilité très vite après les faits. Mais voilà les quatre malheureux n’auraient jamais bénéficié officiellement de la mention. Et si Emile Lherminier n’avait jusqu’alors pas pu avoir son nom sur le monument aux morts de sa commune, Lucien Baleux, lui, y a eu droit deux fois: à Burbure… et à Loos-en-Gohelle. Encore un mystère.
Pour en savoir plus sur cette affaire et connaître la teneur des travaux de M. Viot, cliquez ici.

L'acte de décés qui figure à l'état civil de Burbure nous apprend que Lucien Baleux était né à Paris le 31 janvier 1897 et que Burbure était son lieu de domicile (photo PVC).

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