Archive for the 'Histoire – patrimoine' Category



05
Août
10

A la recherche d’aviateurs parachutés

En 1941, la présence d’aviateurs anglais tombés dans le secteur est une préoccupation constante pour l’occupant. Dans un courrier qu’il adresse au sous-préfet de Béthune le vendredi 4 juillet 1941, M. Brévart, maire d’Allouagne, signale à toutes fins utiles que ses services ont reçu, la veille, le 3 juillet, « la visite de la gendarmerie allemande, recherchant un parachutiste anglais descendu dans la région ». « D’après ce que nous avons appris, poursuit-il, ce parachutiste serait descendu entre Burbure et Cauchy et non à proximité d’Allouagne comme semble le croire la police allemande ». L’étau se resserre autour de Burbure puisque dès le jeudi soir, le maire, J.-B. Bouxin, est incarcéré à la prison de Béthune, avec M. Pecqueur, conseiller municipal, et son secrétaire de mairie, M. Martinage, pour être « relaxés » le lendemain, vendredi à 13 h. « Le motif de cette mesure, explique M. Bouxin, dans un courrier également adressé au sous-préfet de Btéhune, était la disparition d’un aviateur anglais atterri en parachute sur le territoire d’Auchel. D’après la feld-gendarmerie, « l’intéressé aurait été vu se dirigeant vers Burbure ». Apparemment, les Allemands n’ont jamais retrouvé la trace de cet aviateur qui, selon un procès verbal de la gendarmerie française, serait en fait atterri à Saint-Pierre-lès-Auchel, le 2 juillet 1941.
Sans doute a-t-il été caché par la résistance burburaine connue pour son action dans ce domaine, nombre d’aviateurs anglais (une soixantaine entre 40 et 44) abattus dans la région ayant été hébergés dans la commune, avant de prendre le chemin de l’Espagne via Marc Coffre à Calonne-Ricouart. A ce titre certaines personnes furent inquiétées par les Allemands. Dans un état daté de 1946 et signé du maire de la commune, nous avons pu relever neuf noms : Protais Dubois, Grégoire Dassonval, Emile Dehosse, Victor Cavignaux et son épouse Judith,  née Ponchel; Séraphin Fardel; Pierre Wambergue et son épouse née Colombe Hocq ; et Achille Hocq; tous cités pour avoir ravitaillé, habillé et passé « de nombreux aviateurs anglais et américains ». Autant de personnes dont il faut souligner ici le courage car elles n’étaient sans ignorer que l’aide apportée à des aviateurs et parachutistes alliés était sanctionnée de lourdes peines, ce qui était clairement annoncé par voie d’affichage.
Pour en savoir plus sur les affiches reproduites ci-dessous, cliquez ici pour l’affiche de gauche – et ici pour l’affiche de droite. Vous êtes sur le site des Archives nationales.

02
Août
10

La chaire de l’église : beau travail de sculpture

La chaire de l'église : le boeuf sculpté et le panneau de La Pêche miraculeuse (photos PVC).

Les anciens se souviennent sûrement du curé montant en chaire pour le prêche. C’était au temps… Cette chaire dressée dans la nef de l’église comme on peut encore le voir sur de vieilles cartes postales a aujourd’hui reculé dans le fond de l’édifice presque à l’abri des regards, si ce n’est qu’un éclairage automatique vient lui donner toute la lumière qu’elle mérite lorsque l’on s’en approche. On ne sait pas grand chose de ce très beau morceau de patrimoine local, si ce n’est qu’elle a été sculptée en 1895 et posée dans l’église en 1897, juste avant une réception de travaux qui eut lieu en présence de MM. Degez, architecte, et Léon Durot, maire, qui était assisté de MM. Victor Leclercq et François Raoult, conseillers municipaux. Un œil plus attentif, permet de découvrir la finesse des sculptures et des panneaux travaillés avec beaucoup de précision, sur la rampe et sur la cuve. Celui de « La Pêche miraculeuse » n’est pas le moins intéressant. Malheureusement, nous ignorons le nom de l’artiste qui a réalisé ce travail, à moins que des recherches récentes permettent de répondre à la question.

31
Juil
10

Mai-juin 43 : des Calaisiens dans la commune

Le 18 mai 1943, se crée dans la commune un comité d’accueil des petits réfugiés, dont le rôle est de rechercher les familles susceptibles et désireuses de recevoir des enfants évacués de la zone côtière et des régions menacées. Il devait aussi assurer le placement de ces enfants dans des familles nourricières, contrôler ces placements tant en vue de l’hygiène physique  que morale, servir d’intermédiaire entre l’œuvre des petits réfugiés du chef lieu d’arrondissement de Béthune et les parents nourriciers. Le fonds social était alimenté par des subventions, les prêtres, des dons de toute nature. Ce comité composé de douze personnes, était présidé par M. Jean-Marie Bouxin, maire; le secrétaire était Augustin Martinage, secrétaire de mairie; la trésorière, Marie Cauliez, institutrice retraitée.
Ce comité accueillit tout d’abord une vingtaine d’évacués de Calais, en majorité des femmes avec des enfants dont les maris étaient prisonniers de guerre, ou qui avaient quitté la côte en raison des bombardements. Soixante-dix personnes avaient répondu favorablement à l’accueil des petits Calaisiens. Le 23 juin, il y eut un nouveau convoi de 54 enfants, 39 de moins de 10 ans et 15 de plus de 10. Certaines familles en ont hébergé pendant plus de six mois.

28
Juil
10

Pubs d’un autre temps

La publicité Renault telle que l'on peut encore la voir aujourd'hui au faubourg (photo PVC).

Cela relève presque de l’archéologie : les publicités peintes. Réalisées dans les années cinquante-soixante, elles correspondent à l’avènement de l’automobile et ont orné nombre de pignons d’habitations et de bâtiments commerciaux. A l’époque, elles étaient faites pour durer. Certaines d’entre elles ont été recouvertes par les panneaux publicitaires d’aujourd’hui, d’autres ont été livrées aux caprices du temps pour disparaître peu à peu. Ici et là, des historiens de la pub s’intéressent à ces peintures, parfois toute simples, parfois plus élaborées, qui témoignent d’une époque et font survivre dans la mémoire collective des marques pourtant disparues. Exemples : les biscottes Prior dont on peut encore voir une pub à Rieux ou le café Quotidien, au passage à niveau de Lillers.
A Burbure aussi, il y a eu des publicités peintes. Nous en avons repéré deux, encore visibles mais pas vraiment lisibles : une à l’entrée de la commune (en venant de Lillers) et une autre à la sortie, près de la nouvelle cité Léon-Durot, rue Nationale. Reste celle du garage Dagbert, au faubourg, un garage Renault qui autrefois était aussi une station service. Le site a été occupé pendant quelques années par l’entreprise Savio qui est partie s’installer au Plantin, à Lillers.

20
Juil
10

Louis Courtois, mort pour la France

Louis Courtois avait effectué son service militaire au 110e RI... Pour la seconde guerre mondiale, il a été mobilisé au 310e RI (repro PVC).

Né à Burbure en 1907, prisonnier de guerre en Allemagne, décédé en 1956, reconnu mort pour la France en 1964… Louis Courtois devrait bientôt avoir son nom gravé dans la pierre du monument aux morts de la commune.

C’est une petite plaque déposée au pied dudit monument qui a attiré notre attention. Et de chercher à comprendre le pourquoi du comment. De remonter jusqu’à son fils René Courtois, un retraité de 66 ans, aujourd’hui installé à Bailleul-lès-Pernes.  L’homme nous raconte que son père a été fait prisonnier en juin 1940, sans grande précision supplémentaire. « Je crois que cela s’est passé dans les Ardennes, dans une forêt… Je n’ai pas de document précis, seulement les souvenirs de mon enfance, de ce que mon père racontait… et il ne disait pas grand-chose ». Toujours est-il que Louis Courtois dont le père, aussi prénommé Louis, était menuisier et marchand de meubles dans le bas de la rue Noémie-Delobelle, a été interné au Stalag XII B de Trêves en Allemagne, pour travailler dans une ferme où il a contracté une maladie pulmonaire puis cardiaque. « Le journal qu’il a tenu pendant toute sa captivité, et qui était visé par les autorités allemandes, témoignait de sa maladie et de ses fréquents passages à l’infirmerie du camp ». Il a donc été « libéré par les Allemands et rapatrié par un train de malades » Dans le même convoi se trouvaient deux autres soldats iriginaires de la région : Emile Merlot, de Calonne-Ricouart, et Paul Florisse, d’Auchel. C’est ainsi qu’il a retrouvé sa fiancée en janvier 1942, s’est marié à Divion, s’est installé à Auchel et a eu deux enfants, René donc né en 1944 et Pierre, né en 1947.
Bachelier, ce qui était plutôt rare à l’époque, avec une mention Bien en philosophie, Louis Courtois qui avait étudié l’Allemand, le Grec et le Latin au collège Saint-Vaast à Béthune (il voulait être prêtre) a enseigné durant quelques temps… à Divion, Berguette, Gosnay, puis à l’école des galibots à Saint-Pierre-lez-Auchel puis Auchel même, avant de partir travailler aux grands bureaux. Mais durant toutes ces années, il a toujours été malade. Jusqu’en 1956 où son état à empirer, décédant à l’hôpital de Béthune. Ses funérailles ont été célébrées le 15 mars en l’église de Burbure, suivies de l’inhumation dans le caveau de famille au cimetière dudit lieu, pour reprendre la formule consacrée.
« Ce n’est que quelques années plus tard  que nous avons entamé les démarches pour que mon père soit reconnu Mort pour la France », continue René Courtois. Emile Merlot et Paul Florisse ont témoigné en sa faveur. Et le cahier dans lequel il consignait sa vie de prisonnier au jour le jour, a beaucoup compté au moment du jugement du tribunal rendu en 1964. Malheureusement, « il est resté dans les archives judiciaires et je n’ai que quelques phrases que ma mère avait recopiées à l’époque ».
La vie a ensuite continué… plutôt mal. Orphelin de père à 13 ans, René Courtois perdait sa mère neuf ans plus tard. « J’avais 22 ans. Avec mon frère Pierre, nous nous sommes retrouvés seuls ». Un moment domicilié à Burbure dans la maison familiale qu’il avait retrouvée, il a bénéficié de son statut de pupille de la Nation pour suivre une formation de dessinateur en bâtiment. De là, il est entré à la mairie de Valenciennes et a fait toute sa carrière professionnelle dans la fonction territoriale, comme dessinateur puis contrôleur de travaux à la mairie de Saint-Saulve. À l’heure de la retraite, il est donc revenu dans la région, à Bailleul-lès-Pernes où il passe une bonne partie de son temps aux recherches historiques et généalogiques. Pour lui, faire inscrire le nom de son père sur un monument aux morts est la suite logique des choses… Cela aurait pu être à Auchel où Louis Courtois était domicilié au moment de son décès, mais que ce soit à Burbure paraît plus normal, puisqu’il y est né et enterré. René Courtois attend maintenant ce moment avec impatience.

Sur cette photo l'on reconnaît Louis Courtois (à gauche) en captivité à Trêves. - Repro PVC

12
Juil
10

Les armes de la commune de Burbure

Photo PVC

C’est à Célestin Martinage qui fut secrétaire de mairie que l’on doit les armoiries communales. Elles répondent aux règles de l’héraldique et se présentent sous la forme d’un écu ancien. Elles se décrivent de la manière suivante : « De sable à la croix ancrée d’argent chargée en cœur d’un écusson de gueules au moulin à vent d’or posé sur un tertre du même mouvant de la pointe, au chef de gueules chargé d’un pic et d’une hache d’argent surchargées d’une lampe de mineur d’or allumée de gueules. »
Leur reproduction conventionnelle montre les armes du chevalier de Burbure et rappelle les industries anciennes et modernes du village. Le moulin à vent et la croix ancrée symbolisent tous les éléments anciens, tandis que ceux assemblés au chef font référence à un passé plus récent.
Décryptage : De sable veut dire de couleur noire… La croix est de couleur argent… L’écusson dans la partie du bas est de gueules c’est à dire rouge et le moulin avec son tertre, de couleur jaune… Au chef, traduisez dans le haut des armoiries, la couleur dominante est aussi le rouge… Les armoiries de Burbure, telles qu’elles sont reproduites dans le livre « Burbure des origines à 1945 », nous donnent une idée de ce qu’elles sont, mais faute de couleurs, c’est une idée imparfaite. En revanche, telles qu’elles figurent sur les totems d’entrée de ville, elles sont conformes à la réalité. En fait seul manquerait le rouge du feu de la lampe de mineur.

09
Juil
10

Connaissez-vous bien Burbure ? Les réponses

Au faubourg, l'actuel château d'eau a été mis en service en 1977 (photo PVC).

Voici les réponses aux questions sur l’histoire de Burbure (et de ses proches environs) que nous vous posions hier…

Question 1 – Encadrant le chevet de l’église, se trouvent deux niches avec dans chacune d’elles  la statue d’un saint. De quels saints s’agit-il ? Réponse : Gervais et Protais.
Question 2 – Dans le cimetière est enterré un artiste peintre de renommée mondiale, Augustin Lesage. Il est connu pour être un peintre abstrait, réaliste ou spirite ? Réponse : Peintre spirite.
Question  3 – A Hurionville, la chapelle a été le lieu d’un pèlerinage important qui s’est développé suite au martyre  de Lugle et Luglien, moines irlandais, assassinés. Leurs corps, retrouvés au fond de la vallée de Scyrendale (à l’endroit de la stèle), ont été transportés dans un château tout proche. Quel est son nom ? Réponse : Château d’Almer.
Question  4 – Le chemin ombragé qui va de Ferfay à Hurionville connu pour être un cavalier est né de la main de l’homme. Mais en fait c’est quoi ? Une ancienne voie de chemin de fer, une ancienne voie romaine ou l’ancienne route de Pernes ? Réponse : une voie de de chemin de fer bien sûr.
Question  5 – Au fond de la vallée de la vallée de Scyrendale, il y a un cours d’eau intermittent qui porte un autre nom que Scyrendale : lequel ? Réponse : le Rouillard.
Question  6 – Sur quelle commune se trouve le bois de Saint-Pierre ? Réponse : la commune d’Auchel.
Question 7 – Le faubourg de Burbure, quartier très actif s’est développé à la faveur de l’exploitation charbonnière. En 1924 un premier château d’eau y a été construit, mais en quelle année a été mis en service celui que nous connaissons aujourd’hui ? Réponse : 1977.
Question  8 – Au pied du terril plat, appelé ch’Remblai coule un ruisseau. Quel est son nom ? Réponse : le Rimbert.

08
Juil
10

Connaissez-vous bien Burbure ?

Au fond de la vallée de Scyrendale, une stèle marque l'endroit où ont été retrouvés les corps de Lugle et Luglien. Leurs dépouilles ont été transportées au château de.... A vous de trouver (photo PVC).

Le 9 mai dernier, la commune était le cadre du rando-challenge régional organisé par l’Ortie et quelques partenaires (mairie, RND Gonnehem, Ferfay rando). Cette compétition qualificative pour le championnat de France qui aura lieu en septembre prochain en baie de Somme donnait lieu à un certain nombre « d’épreuves » parmi lesquelles un questionnaire basé sur l’observation et la connaissance de Burbure et de ses proches environs. Questionnaire auquel chacune des équipes avait à répondre à l’aide d’un document qui leur était remis. Mais vous, gens de Burbure, connaissez-vous bien votre commune ? Voici quelques-unes des questions qui étaient posées. A vous de jouer. Les réponses seront sur ce blog, dès demain.

Question 1 – Encadrant le chevet de l’église, se trouvent deux niches avec dans chacune d’elles  la statue d’un saint. De quels saints s’agit-il ?
Question 2 – Dans le cimetière est enterré un artiste peintre de renommée mondiale, Augustin Lesage. Il est connu pour être un peintre abstrait, réaliste ou spirite ?
Question  3 – A Hurionville, la chapelle a été le lieu d’un pèlerinage important qui s’est développé suite au martyre  de Lugle et Luglien, moines irlandais, assassinés. Leurs corps, retrouvés au fond de la vallée de Scyrendale (à l’endroit de la stèle), ont été transportés dans un château tout proche. Quel est son nom ?
Question  4 – Le chemin ombragé qui va de Ferfay à Hurionville connu pour être un cavalier est né de la main de l’homme. Mais en fait c’est quoi ? Une ancienne voie de chemin de fer, une ancienne voie romaine ou l’ancienne route de Pernes ?
Question  5 – Au fond de la vallée de la vallée de Scyrendale, il y a un cours d’eau intermittent qui porte un autre nom que Scyrendale : lequel ?
Question  6 – Sur quelle commune se trouve le bois de Saint-Pierre ?
Question 7 – Le faubourg de Burbure, quartier très actif de la commune s’est développé à la faveur de l’exploitation charbonnière. En 1924 un premier château d’eau y a été construit, mais en quelle année a été mis en service celui que nous connaissons aujourd’hui ?
Question  8 – Au pied du terril plat, appelé ch’Remblai coule un ruisseau. Quel est son nom ?

04
Juil
10

Quelques soldats du 19e siècle

Parmi tous les Burburains qui endossèrent l’uniforme dans la première moitié du XIXe siècle, figurait Louis Carnez. Déclarant la naissance de sa fille en 1822, il avait pour profession celle de légionnaire, mais deux années plus tard il apparaissait comme horloger puis était mentionné comme pensionné de l’Etat en 1824. Pour beaucoup de familles pauvres, le départ au service militaire avait pour conséquence immédiate la perte d’une main d’œuvre nécessaire. C’est sans doute la raison pour laquelle plusieurs demandes d’exemptions pour soutien de famille, furent formulées. L’on retiendra celle demandée par le maire, en 1857, en faveur de Auguste Brunel, soldat au 41e de ligne, ayant participé à l’expédition de Kabylie. Le maire écrit à son sujet : « oui, M. le colonel, le sieur Brunel est indispensable à ses parents; je ne connais pas de maison plus malheureuse, et je n’en ai guère connu dans ma commune depuis de longues années que je l’administre… ».
Dans les années qui suivirent, le maire effectua d’autres demandes d’exemption pour des raisons similaires : François Morel, en 1865, seul soutien d’une famille de huit enfants ; Louis Delobelle, en 1877, seul soutien d’une famille de onze enfants.
Notons qu’en 1843, plusieurs Burburains sous les drapeaux sollicitèrent l’autorisation de contracter mariage. Etait-ce là un moyen d’échapper à la conscription ?

18
Juin
10

18 juin 1940 – 18 juin 2010

Les Allemands se sont installés à Burbure à partir du 20 mai 1940 pour les premiers arrivés, et plus massivement dans les jours qui ont suivi, occupant de nombreuses habitations. A l’angle des actuelles rue Noémie-Delobelle et de Lillers, la maison Decroix qui fut une armurerie-bijouterie-horlogerie jusque dans les années 20, sert de « Kommandatur ». En fait explique Edmond Decroix qui, à l’époque vivait dans cette maison en compagnie de sa mère et de sa grand-mère, c’était plutôt le quartier général des officiers allemands à Burbure. « Ils ont occupé au plus tard jusqu’en 1943, les deux pièces en façade où ils avaient installé leurs bureaux. Ils avaient le téléphone; le câble était cloué sur l’un des pieds de la table de salle à manger ». L’envahisseur ne tarde pas à faire valoir ses exigences. Dans les archives municipales figure une liste dressée par l’autorité allemande, et demandant du matériel pour la cuisine et le réfectoire.
Le 12 juin 1940, les maires du canton de Norrent-Fontes, dont Burbure faisait partie, se prononcent pour l’émission de bons de monnaie destinés à assurer la vie économique du canton, mais l’autorité allemande s’y oppose.
L’appât du gain ayant fait surgir un nombre inhabituel de marchands divers, monsieur le maire fait part de son intention de ne tolérer l’ouverture d’aucun nouveau commerce. Il ne faut pas que les commerçants mobilisés aient leur situation accaparée par ceux qui sont restés… Le 23 juin, la commune est obligée de solliciter des autorités allemandes supérieures, une avance de 269 360 F en vue du règlement des dépenses mentionnées à l’état prévisionnel.
Du 24 juin au 3 juillet, il est fait mention de la présence de l’artillerie allemande… On trouve aussi le nombre de 37 soldats du Reich sur le territoire de Burbure.
C’est donc dans ce contexte local que le 18 juin, à Londres, le général de Gaulle a lancé à la radio son appel à la résistance. Combien de personnes l’ont écouté à Burbure ? Comment a-t-il été perçu ? Difficile de répondre à ces questions. Mais d’évidence, il n’est pas resté sans suite car la commune est connue pour avoir été fréquentée par de nombreux résistants. Les noms de Noémie-Delobelle et Protais Dubois viennent immédiatement à l’esprit, mais il y en a eu beaucoup d’autres.
Quoi qu’il en soit, ce soir, au monument aux morts, la municipalité et les anciens combattants ont commémoré ce 70e anniversaire de l’appel du 18 juin 1940. René Hocq a tout d’abord déposé une gerbe avant d’entamer un dialogue avec ses collègues, rappelant qu’il y avait eu des signes avant coureurs à la débâcle de 1940, que l’appel du général de Gaulle a eu le mérite de fédérer les mouvements de résistance qui se sont développés et que c’est du programme politique conçu par le Conseil national de la résistance et mis en place après guerre, que nombre de conquêtes sociales ont été faites… Et quelqu’un de dire qu’aujourd’hui, il nous faudrait sans doute retrouver cet esprit de résistance qui nous fait défaut.

18 juin 2010... 70e anniversaire de l'appel du général de Gaulle (photo PVC).




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