Archive for the 'Histoire – patrimoine' Category



09
Mar
11

Félicia D’Assunçao, porte-drapeau des anciens combattants portugais

10 novembre 2010, à Lisbonne, Félicia D'Assunçao dit au-revoir au vieux drapeau exposé jusqu'alors en mairie de Lillers, sous les yeux de Joachim Chito Rodrigues, général président de la Ligue des combattants portugais (photo aimablement prêtée par Mme D'Assunçao).

C’est un petit bout de femme de 84 ans qui porte le poids de toute une mémoire collective… Celle des anciens combattants portugais qui ont livré bataille sur la Lys dans les années 1917-1918. Félicia D’Assunçao-Pailleux, madame Félicia comme on l’appelle dans le milieu des anciens combattants, a chez-elle, rue du Cavin, un petit musée familial où tous les souvenirs de soldats de son père sont exposés… Souvenirs intimement liés à un drapeau qu’elle porte fièrement depuis mai 1990, jour de l’inauguration d’une stèle commémorative à Robecq où elle avait défilé en compagnie d’homologues britanniques. Première sortie officielle, auxquelles beaucoup d’autres se sont ajoutées,  jusqu’à celle du 13 novembre dernier, à Lisbonne, où elle a redonné officiellement au Portugal le vieux drapeau, l’historique (pas celui qu’elle porte pour les défilés), celui demandé en 1924 et accordé en 1929 aux membres de la Ligue des anciens combattants portugais de Lillers et environs… Drapeau qui était exposé en mairie de Lillers depuis 1978 et que son père avait eu en charge jusqu’à son décès. En échange, elle s’est vu remettre un drapeau tout neuf, ui sera dévoilée samedi, salle saint-Cécile à Lillers à l’occasion d’une cérémonie officielle, copie de l’original parti rejoindre un musée à Lisbonne. Alors, depuis quelques jours, c’est branle-bas-le-combat chez madame Félicia qui rassemble ses souvenirs.
Madame D’Assunçao rappelle immanquablement qu’elle fait tout ça pour la mémoire de son père, Joao D’Assunçao, originaire de Pontabarca, débarqué à Brest en 1917, pour rejoindre Aire-sur-la-Lys via Rennes, Rouen, Amiens et Ambleteuse, avant de monter sur le front dans le secteur d’Armentières où il participera à la bataille de la Lys, connue en Belgique comme la 4e bataille d’Ypres. Armurier-serrurier dans le 23e régiment d’infanterie puis le 35e RI recomposé à partir d’autres régiments décimés, Joao D’Assunçao a passé 441 jours du côté de Richebourg, Laventie, Armentières… « Le combat des soldats portugais a souvent été oublié, dit Félicia, qui souligne qu’ils étaient souvent mis en première ligne et ont connu d’énormes pertes ». Les périodes de repos étaient très courtes et c’est à l’occasion de l’une d’elles, dans une ferme à Ecquedecques, qu’il a rencontré Mélanie. « Lorsque la guerre a été finie, mon père a fait partie de ceux qui ont refusé de monter dans le bateau qui devait le ramener au pays »… Parce qu’il voulait épouser sa Mélanie, avec qui il a eu quinze enfants. En procédant ainsi, il se coupait de sa famille, et de la mère-patrie puisqu’il lui était interdit de rentrer au Portugal. « Les choses ont ensuite changé et il y retournait chaque année ».
Mineur, mais aussi marchand de cycle, électricien (en son temps, il refit toute l’électriticité de l’église d’Ecquedecques), Joao D’Assunçao faisait partie de cette Ligue des anciens combattants de Lillers et environs à laquelle il était très attaché et dont sa fille, Félicia, est aujourd’hui la digne représentante. Installée à Burbure depuis 1947, l’année de son mariage avec André Pailleux, décédé il y a quelques années, un mineur qui aurait certainement mérité beaucoup mieux tant il était brillant étudiant, elle continue donc à entretenir vaillamment la mémoire, même si ça devient un peu plus dur. L’âge est là.

09
Fév
11

Yann Hodicq sur la Côte 70

Repro PVC

On connaît le Yann Hodicq qui travaille à la mairie… On connaît moins le Yann Hodicq historien qui a déjà publié une Histoire de Montreuil-sur-Mer durant la Grande Guerre, correspondant de la commission départemental d’histoire et d’archéologie du Pas-de-Calais, titulaire d’un DEA d’histoire contemporaine, qui a collaboré à plusieurs publications historiques et qui vient de publier aux Éditions Sutton, un ouvrage sur le thème des combats qui se sont déroulés en 1914-1918, sur la côte 70 à Loos-en-Gohelle.

Titre exact : Loos-en-Gohelle et la côte 70. Combattre en bassin minier occupé, 1914-1918. Dans cet ouvrage, Yann Hodicq fait preuve de la rigueur de l’historien de formation. Références et sources viennent appuyer un travail qui ravira les amateurs de journaux militaires et de batailles. L’invasion allemande de Lens et des villes avoisinantes en 1914, les opérations militaires françaises de mai 1915, l’avancée des troupes britanniques de septembre 1915 et la prise de la côte 70, à Loos-en-Gohelle, en août 1917… Tout est passé en revue. Mais dans cet ouvrage, l’on s’attardera aussi sur le drame qu’ont vécu les populations civiles restées sur place, subissant les exactions et les privations de l’ennemi toujours plus exigeant, obligées d’évacuer leurs maisons… Un quotidien connu, entre autres, par les écrits du curé de Loos-en-Gohelle. L’on y apprend aussi que les relations entre les armées, française et britannique, n’ont pas toujours été faciles, et qu’au sein même de l’état major britannique il existait des divergences importantes, notamment entre le général French et le général Haig. Haig qui, pendant un temps, commanda ses troupes depuis son quartier général installé au château de Philiomel, à deux pas donc de Burbure.
Yann Hodicq nous apprend également que c’est à Loos-en-Gohelle, que les soldats anglais ont expérimenté pour la première fois, l’arme chimique, ces fameux gaz libérés au gré du vent qui intoxiquaient l’armée ennemie. Une utilisation justifiée par le fait que les troupes allemandes avaient eu recours à cette arme nouvelle quelques mois plus tôt à Ypres.
Toute cette histoire qui nous est contée est bien évidemment remise dans un contexte plus général qui concerne le bassin minier dans son ensemble, partagé par une ligne de front qui a ruiné physiquement et économiquement, Lens et ses environs, pendant que dans le même temps les mines des secteurs de Bruay, Marles jusqu’à Ligny-lès-Aire, multipliaient leur  production pour contribuer à l’effort de guerre.
Enfin Yann Hodicq n’oublie pas de noter l’importance qu’a eu le renseignement des troupes alliées, sur les positions occupées par l’ennemi et les moyens déployés par celui-ci.  Exemples, le plan très détaillé transmis au général d’artillerie anglais Cockbuam, par un habitant de Vendin-le-Vieil ; et l’action d’une certaine Émilienne Moreau, fille d’un ancien mineur reconverti en petit commerçant à Loos-en-Gohelle, grande résistante de la guerre 39-45… dont l’héroïsme était médiatisé dès 1915.
Éditions Alan Sutton. 21 €. 128 pages. Ouvrage disponible en librairie.
Pour commander par internet, cliquez ici

08
Jan
11

Edouard Lecocq, de Burbure au soleil d’Afrique

Dans un article publié il y a quelques mois, dans un article concernant des Soldats du XIXe siècle, nous notions « qu’en 1843, plusieurs Burburains sous les drapeaux sollicitèrent l’autorisation de contracter mariage ». Et posions la question suivante : Etait-ce là un moyen d’échapper à la conscription ? ». Pierre Lecocq, généalogiste qui a redécouvert Burbure il y a quelques années, à la recherche de ses racines et qui y revient chaque année pour y poursuivre la traque de ses ancêtres, nous répond : « Pas du tout ». Et il apporte des précisions très intéressantes : le règlement militaire de l’époque obligeait tout soldat, sous-officier ou officier à demander à son chef de corps l’autorisation de se marier. Il n’y a qu’une trentaine d’années que ce règlement a été aboli, sauf pour le mariage avec une personne de nationalité étrangère. Je suis moi-même l’arrière petit-fils d’un natif de Burbure, Edouard Lecocq (1860 – 1947) qui, ayant tiré un « mauvais numéro » lors de sa conscription (on tirait alors au sort ceux qui accompliraient ou non leur service militaire), quitta sa ville natale pour sept années dans les bataillons d’Afrique. Le soleil, la mer, les palmiers lui manquaient tellement lors de son retour qu’il ne resta que quelques semaines aux mines d’Auchel avant d’émigrer définitivement ».

A lire également le commentaire laissé sur l’article : A quoi ressemblait le moulin Crépettes ?

07
Nov
10

Lucien Baleux, fusillé en 1916, mort pour la France

Baleux Lucien : le premier nom de la liste des enfants de Burbure morts pour la France durant la Grande Guerre (photo PVC).

11 Novembre… Journée de commémoration de l’armistice de 1918 qui mit fin aux combats de la première guerre mondiale. Comme chaque année, les membres de la municipalité, les représentants de l’association des anciens combattants, les enfants, le personnel enseignant, la population, se retrouveront au pied du monument pour un dépôt de gerbes… au terme d’un défilé qui partira de la salle polyvalente (rassemblement 11 h). Sur ce monument une liste de noms, des Burburains morts pour la France. Le premier de la liste est Lucien Baleux. Baleux, un nom inconnu dans la commune d’aujourd’hui.

Le destin de ce soldat est particulièrement intrigant. En fait, c’est un historien de la Sarthe, Eric Viot, qui a attiré notre attention sur lui. M. Viot travaille à la réhabilitation de soldats qui ont été exécutés pendant la guerre, fusillés pour l’exemple, à cause de faits de désobéissance. Il s’intéresse plus particulièrement au cas du nommé Emile Lherminier, réhabilité pendant la guerre – chose quand même assez rare – après avoir été fusillé dans le cadre de ce que l’on appelle l’affaire de Roucy, et dont le nom doit être inscrit sur le monument aux morts de la commune de d’Yvré-l’Evêque (près du Mans), suite à un avis favorable donné par le conseil municipal de la ville en date du 8 juillet 2010.
Emile Lherminier a été exécuté le 22 mai 1916, en même temps que trois autres soldats du 96e régiment d’infanterie : Félix Milhau de Bessan (Hérault), Paul Régoudt de Dunkerque… et Lucien Baleux. Tous quatre reposent aujourd’hui dans la nécropole de Pontavert (dans l’Aisne) avec la mention Mort pour la France sur la croix de leur sépulture. Que s’est-il donc réellement passé ? Les témoignages que M. Viot a pu collecter font état de protestations, de cris, de commencements de désobéissance au moment où le régiment reçoit l’ordre de monter en ligne. Ce que finalement tout le monde fit après un retour au calme. L’incident méritait probablement une sanction, le commandant de compagnie infligeant d’ailleurs aux quatre soldats désignés comme meneurs, huit jours d’arrêt de rigueur. Mais l’incident fut visiblement grossi et le commandant de la division le transforma en « manquement inexcusable à la discipline militaire ». Il ordonna qu’ils soient déférés devant un conseil de guerre qui les condamna à mort pour « refus d’obéissance en présence de l’ennemi ». L’exécution eut lieu le lendemain du jugement, le 22 mai 1916, à 4 h du matin, au lieu-dit La-Motte-aux-Grillots, sans que personne ne soit en mesure d’intercéder en leur faveur. Cette affaire perturba considérablement les soldats du régiment et fit grand bruit au point que le général Grossetti reprit l’affaire en main. Ceux qui avaient ordonné l’exécution, furent  destitués de leur commandement, le régiment fut réhabilité et les quatre fusillés aussi…
Il semble que Lucien Baleux, dont on ne sait finalement pas grand chose sur lui, était un engagé volontaire : un fort gaillard de 19 ans, d’une « ‘vitalité de taureau » qui aurait hurlé d’une voix profonde et puissante : « Me tuer, moi ? allons donc ! C’est impossible ». Au contraire d’Emile Lherminier que nous évoquions précédemment, Lucien Baleux eut son nom inscrit sur le monument aux morts de la commune dès le début en 1920, puisqu’il figure bien en tête de la liste alphabétique. Ce qui semble attester qu’il fut réhabilité très vite après les faits. Mais voilà les quatre malheureux n’auraient jamais bénéficié officiellement de la mention. Et si Emile Lherminier n’avait jusqu’alors pas pu avoir son nom sur le monument aux morts de sa commune, Lucien Baleux, lui, y a eu droit deux fois: à Burbure… et à Loos-en-Gohelle. Encore un mystère.
Pour en savoir plus sur cette affaire et connaître la teneur des travaux de M. Viot, cliquez ici.

L'acte de décés qui figure à l'état civil de Burbure nous apprend que Lucien Baleux était né à Paris le 31 janvier 1897 et que Burbure était son lieu de domicile (photo PVC).

28
Oct
10

Marchand de Béthune, seigneur de Burbure

Voilà une pièce à verser au dossier des seigneurs de Burbure. Dans un inventaire des célébrités d’Artois, figure un certain François-Roger-Fidèle Marchand, seigneur de Burbure, né à Béthune « vers l’an 1734 », mort à La Flèche, commune de la Sarthe, le 17 octobre 1802. Ce personnage était chevalier de Saint-Louis, ancien officier des gardes du corps, dans la maréchaussée, dans la gendarmerie nationale, dans la 284e compagnie des vétérans nationaux, membre de l’Académie de Châlons-sur-Marne et de la Société libre des Arts du Mans.
Ce Marchand de Béthune, a publié un certain nombre d’ouvrage ainsi énumérés : Les Secrets des arts, de la physique et de la chimie; Le Trésor des champs; La Médecine ramenée à ses premiers principes; Minéralogie du département de la Sarthe; Les Fruits de mes études; Dictionnaire de la maréchaussée; Contes de l’ancien temps; Extraits de Roland furieux; Dictionnaire ou Encyclopédie raisonnée et réfléchie des trois règnes de la nature; Les Phénomènes de la nature expliqués expliqués par le système des molécules organiques vivantes; Essais historique sur la ville et le collège de La Flèche.
Ce dernier ouvrage, imprimé à Angers, an XI, est paraît-il celui qui a rendu célèbre notre homme. Reste à savoir quel est son véritable lien avec Burbure… S’il n’était pas né à Béthune, l’on pourrait penser qu’il aurait plus à voir avec un autre Burbure, celui de la commune de La Flocellière (Vendée), berceau d’un poète de renommée, Jacques Béreau, parenté des Le Tourneur de Burbure. On est là au XVIe siècle.. A moins, qu’il ne s’agisse de ce Burbure-en-Oresmieux, cité dans le Dictionnaire historique et archéologique du Pas-de-Calais comme, fief et hameau enclavé dans la châtellenie de Lille, au quartier de Weppes, diocèse d’Arras. » Mystère donc. Il y a vraiment du grain à moudre pour les historiens.

27
Oct
10

Lesage au Lam

Les toiles d'Augustin Lesage restent mystérieuses (photo PVC).

Après plus de quatre ans de travaux de rénovation et d’agrandissement, le Musée d’art moderne de Villeneuve d’Ascq a rouvert ses portes fin septembre sous un nouveau nom : le LaM, un raccourci qu’il faut traduire par Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut. Les salles du musée abritent désormais trois collections prestigieuses des XXe et XXIe siècles dont un ensemble unique d’art brut. Au total : plus de 4500 œuvres.
Conçu pour abriter la donation faite par Geneviève et Jean Masurel à la communauté urbaine de Lille en 1979, une collection constituée de chefs-d’oeuvre cubistes de Georges Braque, Henri Laurens ou Pablo Picasso, entre autres, il s’est enrichi d’une collection  d’art contemporain, constituée au fil des ans, et rassemblant des oeuvres d’artistes français et étrangers parmi lesquelles Annette Messager, Dennis Oppenheim, Pierre Soulages, etc. Et à cela s’est ajouté, en 1999, le contenu de la donation faite par l’association L’Aracine, la plus importante collection d’art brut en France. Parmi les grands noms qui figurent dans cette collection, citons Fleury Joseph Crépin et Augustin Lesage, qui sont du Pas-de-Calais. C’est donc un peu de Burbure qui se trouve dans ce LaM, belle idée de sortie pour qui aime la culture, en général, la peinture en particulier.
Augustin Lesage reste donc plus que jamais d’actualité… L’on se souvient qu’un film documentaire avait été tourné sur lui, et projeté à la salle des fêtes. En 2009, France 3 était revenu dans la commune pour réaliser un reportage et recueillir quelques témoignages dont celui du regretté Roger Dave. Pour visionner ce reportage cliquez ci-dessous.

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=16042

Découvrez Augustin Lesage, le peintre dont les « esprits » tenaient le pinceau sur Culturebox !

22
Oct
10

Le coq de l’église, au sol pour quelques jours

A gauche, la dépose du coq (photo YH). A droite, Daniel Noël, de l'entreprise Bodet, et René Hocq, maire, comparent les deux coqs (photo PVC).

Image impressionnante hier en début d’après-midi lorsque deux ouvriers de la société Bodet à Villeneuve-d’Ascq, se sont hissés tout en haut du clocher de l’église, allant jusqu’à s’asseoir sur la croix qui surmonte la toiture. Objectif : remplacer le paratonnerre pas suffisamment efficace et mettre en conformité la protection de l’édifice contre la foudre. Pour cela les deux cordistes, c’est le nom donné à ces personnes qui utilisent des cordes pour aller si haut, ont dû déposer le coq et le ramener au sol. Normalement, il aurait dû rester sur son perchoir, mais le fourreau qui permet de l’enfiler sur la flèche n’est pas adapté. Il devra donc être modifié avant de pouvoir reprendre sa place et présider ainsi les destinées de la commune. En mairie, ce fut l’occasion d’aller rechercher au fond d’un placard, l’ancien coq, en zinc, alors que l’actuel est en cuivre, plus petit et percé de plusieurs trous. Le coq devrait retrouver sa place d’ici quelques jours, ce qui donnera encore lieu à une ascension spectaculaire.




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